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Ici, selon toute apparence, ce fut lui qui sauva le Roi. Il avait intérêt à ce qu'il vécût, cet enfant, sur la tête duquel. Û avait fondé sa fortune; mais, de plus, il l'avait vu naître, l'aimait d'instinet et d'habitude, s'inquiétait da la situation. Fleury laissant aller les choses, et voulant attendre l'infante attendre au moins six ans! Il était maussade et muet. Il avait un sort sur la langue.

Et, signe pire d'un cer"Veau affaibli, souvent il parlait par saccades, comme une mécanique, une montre. Cela étonnait, faisait peur. Il avait une vie étouffée et malsaine entre trois camarades qui représentaient trois intrigues. Sous lui précisément, dans l'appartement Montespan, demeurait madame de Toulouse avec son honnête mari; mûre, dévote et sucrée, fraîche encore, belle et grasse, cette dame eut le privilége de rassurer le Roi, fort timide, de l'attirer même.

Dévote, mais bien plus mère encore, par son fils Épernon fils du premier amour , elle voulait conquérir le Roi. Ce fils, aimable et tendre c'était elle-même à quinze ans , montait chez le Roi à toute heure par le petit degré secret que possédait l'appartement.

Sans monter, toujours près du Roi, tissait, niait un autre enfant, le petit Gesvres, neveu dû beau cardinal de Rohan, si connu pour sa peau admirable et ses bains de lait, Rohan alors le chef du parti de là Bulle. Patent du célèbre impuissant dont le procès a fait tant rire, c'était une vraie petite fille. Mais justement par là,. Il avait été mis d'abord chez M. Il passa chez le Roi et put parfaitement lui remplacer sa biche blanche. C'était l'usage dans ces éducations, pour rendre hardi l'enfant royal, mâle et ferme au commande.

Mais le Roi cessait d'être enfant. A ce moment d'essor, établir prés de lui cette créature si féminine, c'était le retenir dans la vie molle, assise, disons mieux, lui couper les ailes.

L'homme, en cet intérieur, le maître du logis chez le Roi et son maître, était son jeune gentilhomme de la chambre, la Trémouille, plus âgé que lui de deux ans, qui depuis onze ne l'avait pas quitté.

Charmant dit d'Argenson , hardi, mais effréné, il ne cacha rien, fit parade de tout ce que les autres cachent Mamis, nov. Il nt des opéras, s'épuisa, mourut jeune. Alors, en , à seize ans, il menait le Roi, en avait fait son petit favori. Mais je ne doute pas qu'en , Maurepas ministre à quinze ans et qui alors en a vingt ne se soit.

Cela n'allait que trop à la petite bande. Le Roi dit plusieurs fois qu'il ne voulait pas se marier. La Trémouille adchait même répugnance. Purger Versailles, c'était chose honorable, un vrai devoir. Et cela avait l'avantage de démasquer la lâcheté de Fleury, ainsi que le Régent, dans une semblable circonstance, en , démasqua la sottise de Villeroi. Mais l'affaire était périlleuse pour un demirégent, qui allait et blesser le roi, et commencer la guerre à mort avec Fleury.

Duverney, madame de Prie, étaient gens durs, hardis, qui ne reculèrent pas. Si l'on eût voulu frapper haut, prendre des seigneurs, des évêques, on le pouvait. La maidéjà introduit dans cette petite société comme amuseur et corrupteur. Mais on prit au plus bas. Un ânier fut brûlé en Grève Marais, mars , et si vite brûlé que la commutation de peine ne vint que quand il fut en cendres.

En mai, la police alors dans la main d'un parent de madame de Prie fit contre la justice ce tour hardi, piquant, de prendre un homme qui était sous la protection du chancelier. Homme grave, ex-Jésuite, professeur, l'abbé Desfontaines, un rédacteur du Journal des Savants qui dépendait de la chancellerie.

On le pince, on l'enlève, on le met à Bicêtre. Paris en rit beaucoup. Les plaignants étaient ramoneurs. Entre l'ânier brûlé et Des Chauffours qui l'est plus tard, Desfontaines était en péril. Dans sa peur, il n'hésita pas d'implorer un homme aimé de madame de Prie, Voltaire, qui, à vingt ans, s'était si hardiment porté contre de tels délits, l'avocat de la femme, de l'amour et de la nature Voltaire avait bon coeur.

Desfontaines venait justement de lui voler la Henriade, de l'imprimer à son profit. Il ne s'en souvint pas. Il courut à Versailles', et s'adressa à Maurepas. Ce ministre frivole, créature équivoque qui, fort impudemment professait la haine des femmes, luimême assez suspect, ne demandait pas mieux que d'étouffer l'affaire. Il eût donné sans peine une lettre de cachet, qui, en exilant l'homme, l'aurait éloigné.

Tout cela est constaté par le remerciment de Desfontaines, et avoué des ennemis de Voltaire, du savant et très-hostile Nicolardot. Pendant les pourparlers, juin vient, et le grand coup est frappé à Versailles. Gesvres, jaloux de la Trémouille, avait précipité les choses, dénoncé les petits mystères.

On frappa, mais bien doucement, en rendant seulement les polissons à leurs familles, exigeant qu'on les mariât comme le Régent avait fait aux petits Villeroi. Le roi n'objecta rien pour le tant aimé la Trémouille. Il rit de le voir humilié, marié. La Trémouille, au contraire, trouva le châtiment si dur que, huit années durant et quoi que pût dire son beau-père il tourna le dos à sa femme.

Cet événement fut le salut du roi. Bref, il le fait chasseur. Il lui donne quarante ans de vie. L'affaire devait, ce semble, perdre Fleury en dévoilant sa connivence. Il n'en fut pas ainsi. Ce fut précisément par là qne le maître de ces secrets, Fleury, resta fort, immuable, ainsi que Bachelier, qui, non moins immuablement, resta aussi jusqu'à sa mort.

Un vieux valet de chambre du duc de Bourgogne, Bidaut, allant voir un jour l'abbé Vittement dans sa retraite, lui parlait de Fleury. Mais il se tut d'abord. Il a lié le roi par des liens si forts que le roi ne les peut jamais rompre. Le roi reviendrait-il de cette belle éducation? Feraitil grâce aux femmes? Mais leurs grâces, leur scintillation l'éblouissaient, lui déplaisaient. Il avait l'air lui-même d'une fille bégueule, qui n'y eût vu que des rivales.

Cependant une maladie courte et grave qu'il eut février trancha tout. Fleury bouda, mais seul. Villars et tout le monde étaient de cet avis. On prit une reine de leur choix. Rohan, évêque de Strasbourg, avait sous la main en Alsace la famille du roi sans royaume, Stanislas, retiré chez nous. On fit valoir sa fille, fille dévote d'un père si dévot que, par plaisir, dit-on, il faisait ses dévotions en robe, en bonnet de Jésuite. Cela n'attira pas, ce semble, les célestes bénédictions. Sur la route, la pauvre princesse reçut un déluge de pluie comme on n'en vit jamais.

Rien de plus triste. Tout retombait sur Duverney. C'était lui qui faisait pleuvoir en touchant aux biens du clergé. Les Parlements, les États de province, répondirent un non furieux.

Le paysan reçoit les collecteurs à coups de fourche. On eût voulu que Duverney, au début de l'impôt nouveau, avant d'en rien tirer, abandonnât tout autre impôt. Les grains sont chers. Quoique l'on donne le pain ici à moindre prix, on fait queue, on crie, on se bat et il y a des hommes tués.

Son beau projet sur la Milice, ses lois dures, il est vrai pour faire travailler les Mendiants, tout exaspère. Mais ce qui le noie et le tue, lui et madame de Prie, c'est l'ordonnance des pensions, toutes celles du roi supprimées, celles du Régent réduites, etc. Dès lors ils sont perdus, osant à peine encore se montrer à Versailles, y rencontrant partout des regards furieux. Quelque conte ridicule qu'on nous fasse de la nuit des noces, les valets intérieurs voyaient et révélaient ce mariage sans mariage.

La jeune femme de vingt-deux ans, douce et laide et le sachant bien, tremblante, quoique fort amoureuse, a peur de cet enfant si sec, si froid, qui dort près d'elle sans daigner savoir qu'elle est là. Bien loin de le ranger, le mariage n'avait servi qu'à l'émanciper cyniquement. Aux levers, aux couchers, les amis étaient revenus. Gesvres, la petite femme,. Délaissée, veuve était la reine; sans crédit, à ce point qu'elle ne put seulement faire avoir le cordon bleu au vieux Nangis, son chevalier d'honneur.

Le roi même sur elle eut des mots ironiques. On parlait d'une belle. Madame de Prie était furieuse. Pour elle, le mauvais magicien qui faisait avorter le mariage, c'était Fleury. Un grand coup fut tenté décembre. Fleury attendit plusieurs heures, écrivit, partit pour Issy. Mais cette fois encore comme à douze ans , le roi se désespère, va pleurer dans sa garde-robe.

Si lâches étaient les amis de Fleury, la petite bande des Maurepas, que pas un ne se hasarda d'aller parler pour lui. J'irai, si vous voulez, dire à M. Celui-ci doucement put achever sa perte, le désarmant d'abord, lui ôtant les deux dogues qui le gardaient, Duverney, la de Prie. Elle se tenait à Paris, immobile, résignée, philosophe elle l'écrivait à Richelieu. Sa rage cependant, ce semble, éclata par un coup.

Les polissons titrés de la cour n'avaient à Versailles qu'une chapelle, pour ainsi dire. La vénérable métropole de leurs mystères était à Paris, dans l'hôtel Des Chauffours Barbier.

C'était un homme aimable, de très-bonne famille, qui, ruiné, refaisait sa fortune, en. Le lieutenant de police était alors Hérault, créé par madame de Prie. Elle était à Paris, il devait marcher droit. Et, sur le pavé de Paris, il y avait un homme qui disait et précisait tout, qui perçait le ciel de ses cris. Un certain laquais Arbaleste. Pour rendre l'affaire éclatante, lui donner tout son lustre, il eût fallu la confier au Parlement. Malheureusement madame de Prie était trop brouillée avec lui.

Elle ne put que s'en remettre à la fidélité d'Hérault, qui, avec ses juges à lui, instrumenta dans le secret de la Bastille. S'il était ûdèle et hardi, avec ce procès élastique, pouvant nommer ou plus ou moins, il avait dans ses mains Versailles, pouvait porter bien haut la terreur et le ridicule janvier La chance ici allait terriblement tourner.

Le rire allait monter jusqu'aux grands calotins. On avait ri de Desfontaines, du pauvre Jésuite à Bicêtre. Mais la pièce nouvelle eût été plus salée. Les fausses Colombines et le grand vieux Cassandre n'en seraient jamais revenus. Madame de Prie avait sous la main l'homme de la chose, Voltaire, qui faisait des comédies, et pouvait lui faire des satires, homme entre tous hardi.

Il était fort brouillé avec les mignons et les prêtres. Contre les premiers, dès vingt ans, il lança des vers immor-. Contre les prêtres récemment en , il avait fait à Chantilly le Curé de Courdimaneke, où lui-même joua le vicaire. Sous l'abri des Condés, que n'eût-il pas osé, sur le texte si riche du procès Des Chauffours?

Il n'y avait pas à perdre une minute pour écraser Voltaire. Un chevalier, Rohan-Chabot, homme de peu, qui jusque-là était à madame de Prie, et voulait regagner le parti opposé, se chargea de l'exécution.

Le 1e'' février , il accoste le poète au théâtre, et lui cherche querelle. Voltaire le cloue d'un mot. Deux jours encore avec persévérance, autre querelle au foyer, et il lève la canne; mademoiselle Lecouvreur, qui était là, s'évanouit. Enfin le 4, Voltaire dînant chez M. Il court à l'Opéra où était madame de Prie, court à Versailles se plaindre, à qui? Voltaire rage et cherche Rohan. En vain pendant deux mois entiers février-mars. Le 6 avril un fait atroce, horriblement comique, fit oublier Voltaire, retourna la risée violemment contre Versailles.

Au salon de la Bulle, où récemment Tencin et sa Tencine avaient manipulé le chapeau de Fleury, un coup de pistolet s'entend. Reste un cadavre, et tout est inondé de sang. La dame avait l'usage de garder lés dépôts que des amants crédules lui confiaient. En se tuant, il laissa de terribles explications sur cette tripoteuse, sur sa maison, un mauvais lieu. Ce qu'elle alléguait, en effet, c'est que l'argent gardé était trèsbien gagné, le prix de la prostitution.

Que faire de ce cadavre? Au lieu d'avertir la police, de faire lever le corps par l'autorité naturelle, la dame avertit ses amis, le premier président, le procureur du Grand Conseil, et ces magistrats complaisants fourrent le corps à Saint-Roch avec force chaux vive, pour détruire, pouvoir dire que c'était une apoplexie. Le Grand Conseil le dit, croit trancher tout. Mais le vrai tribunal à qui appartenait l'affaire, le Châtelet, ne se paye pas de cela. Le 10 avril, il empoigne la dame.

Délivrée à l'instant par Versailles Fleury-Maurepas qui la tirent de ces mains sévères, la sauvent, la mettent à la Bastille. Cependant ce coup-là fut terrible pour eux. Ils rentrèrent sous la terrre,. Fleury parle de se retirer Rich. Je suis plus en repos. Par le procès de Des Chauffours, elle eût terrorisé Versailles, mignons, évoques, etc. Mais Hérault la trahit.

Il reçut le mot d'ordre d'en haut, agit contre elle, il lui prit son Voltaire. Admirable prison de grâce et de vengeance, la Bastille à la fois reçut et la Tencin que l'on voulait sauver, et Voltaire qu'on.

La de Prie enfonçait. Malade, horriblement maigrie, elle-même avait donné une maîtresse à M. On écarta cette tête de Méduse, le rude Duverney et leur dangereux satirique. Dès lors, tout est aisé; on peut étouffer Des Chauffours. Hérault, avec deux ou trois juges, croque l'affaire à la Bastille.

Nul mot des hauts coupables, sauf un Tavannes, simplement exilé. Des deux jolis évoques de Laon et de Beauvais, l'un fait retraite au séminaire, l'autre en famille avec les novices des Jésuites.

Pour les deux cents coupables, un seul, Des Chauffours, doit payer. Le Châtelet, sur ce procès qu'il n'a pas fait, va le juger. Il y est conduit 25 mai le 26 au matin sur la sellette pour ouïr son arrêt. Étonnante précipitation, exécuté le soir On paya son silence. Avant de le brûler, on eut l'humanité de l'étrangler d'abord. On dira que l'ânier en mars, que Desfontaines en mai, les favoris en juin, et Des Chauffours enfin mai sont des faits sans rapport?.

Mais alors pourquoi cette précipitation pour escamoter Des Chauffeurs, l'étrangler sans qu'il ait le temps, le moyen de parler? Plus de ménagement pour la de Prie, pour Duverney. Il l'apprend, il écrit à madame de Prie qu'il faut revenir ou périr. Chose assez curieuse, Fleury lui-même par des amis engage la dame à revenir. Vrai moyen de la perdre, de vaincre l'hésitation du Roi. Son horreur ou sa peur de madame de Prie, s'il se retrouvait devant elle, devait abréger tout et le décider à agir.

Elle arrive comme un ouragan, d'autre part Duverney revient et parle en maître. Le Roi est interdit. Fleury n'en tirant rien, tombe aux pieds de M. Elle pèse, et malgré tous reste à Versailles. Le Roi alors, timidement, en caressant M. Ajoutons-y la Banque; Fleury en était assuré. Le redoutable corps des vieux maitôtiers du grand Roi, et la recrue nouvelle des agioteurs du Régent, voyaient avec indignation un des leurs, un financier même, Duverney, éclairer les comptes, trahir les mystères des finances.

Ils traitent avec Fleury. Plus de Régie partout les Fermiers généraux. Fleury leur laisse l'arriéré. Ils empochent cinquante-six millions. Pour brusquer ce traité, il était nécessaire que personne n'éclairât Fleury, que Duverney ne pût lui écrire une ligne, que le vieil ignorant sans s'en douter fondât les hautes dynasties financières qui ont mangé la France un demi-siècle. Duverney est mis au cachot, On le tient dix-huit mois scellé dans la Bastille.

Et l'on ne trouve rien. Un absurde procès contre lui et Barème. On voit, non sans surprise, que sa fortune est peu de chose.

Cependant madame de Prie, M. A ce Condé, à ce chasseur, l'homme de la forêt, on interdit la chasse. Il tombe dans un tel désespoir qu'il a la platitude de demander grâce à Fleury par Gesvres, un des amis du Roi qui l'ont chassé.

Son âme était partie avec madame de Prie. Celle-ci dut vivre à Courbépine, dans l'ennui d'un désert normand. Elle avait étalé d'abord un admirable stoïcisme. Jamais lion ni tigre en sa cage ne s'agita tellement. Elle enrageait et faisait des chansons. Elle n'y avait perdu que sa santé, sa fraîcheur, sa beauté.

Celle-ci, très-maligne, très-corrompue, vraie chatte, était madame du Deffand, et, parmi les caresses, les deux amies se griffaient tout le jour.

L'amant, jeune homme de mérite, s'obstinait à l'aimer, toute méchante qu'elle fût. Elle avait séché sans retour, et sa dernière punition était que par l'amour elle ne pût reprendre à la vie.

Trois jours avant, elle jouait encore la comédie, apprit et débita trois cents vers. Ne me vois pas mourir. Lui parti, pour farce dernière, elle fit venir son curé, bouffonna la confession, puis but un poison violent. Un faux ami, le duc de Bouillon beau-père de la Trémouille qu'elle avait chassé de Versailles , vint juste à point.

Heureuse occasion de faire sa cour à Fleury, au clergé. Il décrivit comment était morte la réprouvée, dans quelle torture d'enfer, avec des cris qu'on entendait au loin. Histoire invariable qu'on avait déjà faite pour la duchesse de Berry. Quelque sévérité que doive l'histoire à ce tyran femelle, c'est un devoir pourtant d'avouer la vigueur qu'elle mit à soutenir Duverney, ses tentatives hardies.

Ce rude gouvernement, tout violent et cynique qu'il fût, eut des instincts de vie que l'on put regretter dans la torpeur mortelle de l'asphyxie qui fuit, sous la pesante robe qui couvrait nos vampires, Jésuites et Fermiers généraux. La dé Prie valait mieux. Dans ses vices odieux, elle imposait pourtant. Impure et furieuse, chose bizarre, on l'aima jusqu'au bout. Un des meilleurs hommes de France, Argenson, jeune alors, avoue qu'il en fut fasciné. C'était un serviteur zélé des Orléans, donc opposé à la de Prie.

Esprit libre, utopiste, membre de l'. Un matin, celle-ci, lui donnant audience, l'admet à l'italienne au lieu mystérieux de sa toilette intime, comme un amant ou un ami. Elle penchait alors vers sa chute, elle était au plus fort de sa lutte désespérée. Maigrie déjà, pâlie d'un feu morbide, elle était belle encore, belle de son audace, de sa crise, de la mort prochaine. Un autre eût profité. Il tomba à genoux. Et la philosophie fit hommage à Satan.

Le siècle, trouble encore, en cet ange du mal saluait cependant comme un génie d'orage, la volcanique écume où souvent la Nature prélude à ses enfantements.

Argenson veut en rire, ne peut. Il veut être léger, ne peut'. On voit par ses aveux à quel point un baiser Ce combat de deux sentiments est curieux à observer dans les deux éditions de et La scène est sabbatique, obscène. Et cependant comment la supprimer? Il ne la quitta pas dans sa métamorphose où elle devenait un cadavre. Il en garde pitié; il la conseille.

Un cardinal régnait, et avec moins d'obstacles que Richelieu ou Mazarin. Le plus facile des maîtres, un enfant. Un peuple las, courbé, aspirant au repos.

Le paresseux Fleury et les fins du clergé ne voulaient qu'engourdir, mettre tout à la sourdine, éteindre le jour et le bruit. Mais la grande masse cléricale en France et en Europe, un grand monde imbécile, en se voyant si fort, méprisait l'art trop lent des doux étouffements, voulait le fer, le feu, contre leurs ennemis. Derrière ce vain drapeau, la Bulle, qu'on mettait en avant, ils avaient des idées fort sérieuses qui les. En Italie, où l'on en rit, la facilité générale permet et couvre tout.

En Espagne, respect profond. En ce grand royaume dépeuplé, dans ses villes isolées chacune entourée d'un désert , on pouvait fort commodément imposer, contenir les langues et les esprits, brûler ici trois juifs, quatre maures, deux sorcières.

Le peuple, édifié de ces lugubres scènes, gardait la crainte du Seigneur. On a vu que Tressan, l'aumônier du Régent, avait écrit, dressé le grand Code de la Dragonnade, le recueil des deux cents ou trois cents ordonnances contre les protestants.

Qui peut dire la peur des familles, de la mère, de l'épouse, et leur craintive dépendance, le père étant sous le couteau Article atroce. Mais la suite est immonde. Des deux articles, l'un si meurtrier épouvanta.

L'autre, honteux, subsista six années Nombre de familles s'enfuirent, contèrent partout ces muettes horreurs, parfaitement étouffées ici.

Tout le Nord s'indigna, et d'autant plus qu'alors, au bout opposé de l'Europe, la voix du sang criait en Pologne contre le clergé. La mort de dix personnes exécutées à Thorn fit un éclat immense et de conséquence infinie.

Dix têtes qu'est-ce cela près des Saint-Barthélémy, ou des tueries du duc d'Albe, ou des égorgements de la guerre de Trente Ans? Eh bien, un fait terrible et inouï eut lieu. Ces dix têtes jamais ne purent être enterrées. Elles restèrent cent ans sur la terre, et elles ont changé le monde. Les Polonais avaient sous leur protection une ville marchande, celle de Thorn. Ville, certes, non méprisable c'est la ville du fameux traité qui fit les libertés du Nord, c'est la ville de Copernik. Les gens de Thorn, Jamais erreur ou crime judiciaire n'a eu une telle punition.

Quelle nation n'a eu à déplorer quelque odieux arrêt de ses juges? Par un sort singulier, seule la Pologne fut punie.

L'excellente Histoire de Pologne, par Ladislas Mickiewicz! J'avais de plus sous les yeux une relation polonaise que M. Tout son Sénat alors moins un membre était protestant. Blessée en son orgueil, elle fut presque entière catholique. Trèsdifficilement les Jésuites s'y étaient introduits, mais ils y réussirent. Ils tentèrent les familles par les humanités, l'éducation française, et peu à peu ils eurent les enfants des seigneurs.

Les belles Polonaises se prirent fort au roman dévot. Hardies, chimériques et charmantes, comme elles sont, elles emportèrent tout. La galante Pologne mit la femme sur son drapeau.

La Vierge volait aux batailles en tête de sa cavalerie. Cependant les villes marchandes, allemandes de fond, Thorn, Dantzig, etc. Ces documents catholiques et protestants concordent pour tout l'essentiel.. Vénérable blibliothèque, où tant de choses perdues en Pologne se retrouvent encore.

Ceux-ci, fiers, jeunes gens, escrimeurs, querelleurs, se moquant des marchands de Thorn, paradaient l'épée au côté. Minorité minime, ils trouvaient beau de faire procession avec leur Vierge, contre un grand peuple luthérien. Tout ce que firent les jeunes protestants, ce fut d'enfoncer leur chapeau. On les leur jette à terre juillet Les Jésuites ont ce qu'ils voulaient. Le magistrat ayant arrêté un provocateur, ils osent en faire autant, comme s'ils eussent été magistrats.

Plus, la bande guerrière des écoliers armés tombe sur les gens qui regardaient. Des hcmmes forts se trouvaient dans le peuple, un charpentier, un maçon, un boucher. Ils forcent le collége, enfoncent et cassent tout, tables et bancs, deux autels. La Vierge querelleuse qui a fait la bataille, est traînée, punie, mise au feu. Mais cette Vierge, c'est le drapeau de Pologne Outrage national Les Jésuites à cela ajoutent un argument.

Elle exige la mort des coupables, des magistrats même. Cependant le haut tribunal trouvait que la mort, c'était trop. Invité à jurer, le Jésuite recteur. L'Église n'a soif de sang. Mais il fit signe à un frère de son ordre, qui n'était pas profès encore, de se mettre à genoux et de jurer pour lui. Autre illégalité on paya six coquins,?

Le Roi pouvait faire grâce. Mais ce Roi toujours gris c'était Auguste l'Allemand n'osa faire grâce aux Allemands, grâce d'une insulte faite au drapeau polonais.

Il en sauva un seul, et but un coup de plus. Donc les Jésuites purent agir à leur aise. La mort leur parut peu. Ils tinrent longtemps la proie entre leurs griffes, les lancinant jusque sur l'échafaud d'instances et de chicanes pour les faire mourir catholiques décembre Avant l'exécution, la Prusse était intervenue, avait menacé même, fait approcher des troupes.

Imprudence qui hâta les choses. Cependant la grosse Angleterre prit aussi la parole, et le Hanovre, et le Danemark, et la Hollande, et la France même du duc de Bourbon.

Tout cela grave, immense, mais lent, sans action. Que fût-il advenu si les protestants de Dantzig et de toutes les villes avaient aussi versé le sang? Rien de tel n'arriva, et la chose resta tout entière. Pour le malheur de la Pologne, les Jésuites eurent le dernier mot.

La parfaite ignorance de ce parti téméraire le lançait dans les aventures. Trois mois après l'affaire de Thorn, il menace, il provoque l'Angleterre et la. J'ai dit le bizarre intérieur de la cour de Madrid, le Roi, un demi-fou, et les furies de la Farnèse. Nul plus honteux spectacle. C'est à la médecine beaucoup plus qu'à l'histoire qu'il appartient de l'expliquer. Le Roi, de faible esprit, qui eût dû être ménagé, était sous la main de deux femmes criardes, insolentes, grossières comme les basses classes d'Italie , l'.

Pour aller à leurs fins, faire obéir le Roi, elles tendaient horriblement la corde par les excès de vin, les épices et le reste. Elles usèrent sans mesure de cela. Et la reine eut trois règnes.

Après celui de femme, de grossesses, de fécondité, elle le tint par les hontes secrètes dont plaisantait Alberoni et, en dernier lieu, quand il fut tombé à l'état animal, ne changeant plus de linge, velu, avec des griffes, d'autant plus aisément elle eut un règne de geôlier.

Et tout cela devant les confesseurs. La reine en avait un qui faisait ses affaires et écrivait pour elle, digne d'elle on en a des lettres. Montgon , un sot, un frère coupe-choux, qui écrivait comme un portier. Celui du Roi, tout autre, Espagnol, le P. Bermudez, dur et profond Jésuite qui ne désirait rien que l'extermination des jansénistes, brûlait de le voir à Versail-.

Autant la reine poussait vers l'Italie, autant le Roi aimait, regrettait, désirait la France, pour la France elle-même, non pour la royauté. Le Retiro, l'Escurial, S. Ildefonse, étaient les vrais châteaux des songes. Du plus haut au plus bas, tous rêvaient et politiquaient. Les confesseurs aux entresols, les grands, les majordomes, les valets dans les antichambres, sans cesse refaisaient la croisade et renouvelaient l'Armada. Les cuisiniers marmitonnaient l'Europe.

Lieu admirable aux intrigants, aux charlatans dévots. Un aventurier, Riperda, HispanoHollandais, qui pour les affaires avait stylé Alberoni, vient un matin, est touché de la Grâce et se fait catholique. Même farce de l'abbé Montgon qui vient exprès de France pour admirer de près la sainteté du Roi, et, s'il le faut, se faire moine avec lui. On savait que Philippe voulait alors passer en France janvier Voyant le Régent mort, l'enfant très-chancelant, il faisait ses paquets.

La reine avait baissé. On faisait faire au Roi une chose extraordinaire, quitter le trône sur l'espoir d'en avoir un autre. Il croyait rassurer l'Europe par un semblant d'abdication, gouverner par son fils.

Il avait ramassé une bonne somme pour le voyage et se tenait le pied dans l'étrier. Le jeune roi d'Espagne mourut. Son père fut condamné à reprendre le trône. Dans leur courte retraite, le roi, la reine avaient fort écouté le hâbleur Riperda, nouvel Alberoni, qui mena la reine d'Espagne comme l'ancien Alberoni menait alors à Rome la reine d'Angleterre, femme du. Leur plan était le même, toujours le vieux roman jésuite, ramener le Stuart, catholiciser l'Angleterre, et par elle le reste du monde.

Coup manqué tant de fois. Se venger de la France, frapper l'Anglais, changer la face de l'Europe tout fut aisé. George, serré de prés, effrayé, ne pouvait guère manquer de rendre Gibraltar. Faiblesse impopulaire, qui irritait son peuple, et lui coûtait le trône. Le Prétendant rentrait sans coup férir'. Celui-ci n'ayant qu'une fille pour héritière, il la donnait à Don Carlos, pour dot l'Empire d'Autriche et même on peut gager l'Empire. L'Empereur fut bien étonné de la proposition.

Mais comme Riperda arrivait les mains pleines, et prêt à jeter les ducats, on fit bonne contenance. On lui donna Comme pour augmenter à plaisir les difficultés, ils arborent le drapeau jésuite. Le Prétendant avait eu le bon sens, pour tranquilliser les Anglais, d'avoir un conseil protestant.

De Madrid et de Vienne, on le gronda. Sa femme, ardente Polonaise, que dirigeait Alberoni, fit comme la Farnèse; elle le prit par l'alcôve et le lit, se mit dans un couvent, jusqu'à ce qu'il quittât ses protestants, montrant bien que l'affaire serait toute religieuse, la conversion forcée de l'Angleterre.

Par là il se brisait lui-même. Caché trois mois dans Vienne, il achetait les ministres un à un. Et l'Empereur aussi recevait. Seulement il trouvait le traité un peu dur. Tout était pour l'Espagne. Riperdad'nsistait en faisant espérer qu'on suivait le grand plan d'Eugène le démembrement de la France Coxe, ch.

A Vienne, comme à Rome, à Madrid, la femme dominait. L'Empereur Charles VI dépendait de sa belle épouse. Elle avait horreur de l'Espagne, et encore plus sa jeune fille qui voulait un fils de Lorraine. Il venait de faire celle-ci son héritière par un acte fort irrégulier Pragmatique pour lequel il mendiait l'appui de chaque puissance.

Il avait besoin de l'Europe pour cette succession illégale, donc était fort loin de la guerre Villars, , et n'écoutait l'Espagne que pour lui tirer ses ducats. Mais il faut des ducats. Riperda n'en a plus.

Elle extravague encore plus. Si seulement la France n'agit pas, nous l'emporterons. De Madrid on envoie l'équivoque abbé Montgon. La reine sans égard aux volontés du Roi veut qu'à tout prix Montgon gagne Fleury, se confie à Fleury, lui livre tout, s'il faut, pour obtenir de lui trois mois d'inaction, le temps d'emporter Gibraltar.

Car, Gibraltar pris, George tombe et le Stuart succède dans sa folle imagination! Ce qui est merveilleux, c'est que ce roman ridicule, présenté à un homme aussi froid que Fleury, ne fut point du tout rejeté'. Ses maîtres, les chefs ultramontains, tenant trop fortement à la chimère du Prétendant. Il accorda ce que voulait la reine. Le ministre eût dit Non, mais le prêtre dit Oui. Tout en doutant que l'affaire fût aisée, il accorda du temps.

Nos préparatifs peuvent bien sauver un peu les apparences. Mais tout ce jeu ne peut durer longtemps. Les vieux militaires espagnols déclaraient le siège impossible si l'on n'avait la mer, que l'Angleterre tenait par trois énormes nettes. L'Autriche le blâmait, et loin d'aider l'Espagne, elle travaillait contre elle en Italie. Les agents jacobites qui de Rome allèrent en Écosse pour tâter le terrain, trouvèrent tout impossible. L'évidence était telle que le pauvre roi même dePersonne n'a eu la patience de lire les cinq volumes de Montgon.

Il est très-instructif pour qui sait le comprendre. Le roi l'envoie pour qu'il réveille ses partisans, rallie M. La reine l'envoie pour obtenir à tout prix de Fleury le temps de prendre Gibraltar; pour cela il faut que l'abbé achète la connance de Fleury, même en lui rapportant tout ce que dit M.

Le pauvre Montgon n'eût jamais osé une telle trahison qui ne lui profitait en rien sans l'ordre de la reine d'Espagne à qui elle profitait visiblement. Il louvoyait, trompait alors Walpole.

Il en avait horreur, horreur des intrigants qui, pour remplacer Riperda, la servaient dans sa furie folle. Alors elle le persécuta. Elle lui supprima la consolation religieuse, en lui chassant son confesseur.

Elle lui supprima ce qui était sa vie, le rapport conjugal. Par les poisons d'amour, elle le mettait hors de lui, refusait.

L'effet en fut terrible et imprévu. Il devint très-lucide, accablant de raison. Il dit ce que dira l'histoire, qu'elle était l'assassin du roi, du peuple. Et il la châtia rudement. Épouvantée de lui voir le bon sens revenu, elle pleura, pria. La nature, l'habitude lui rendirent l'ascendant. Mais il la connaissait et il la méprisait. L'échec de Gibraltar, l'abandon de l'Empereur 31 mai ne la corrigeaient pas.

Par la mort du roi George, elle espérait encore que tout pourrait changer, s'obstinait à rester armée, usant l'Espagne jusqu'aux os. Le roi s'en mourait de remords et voulait abdiquer, ce qui eût renversé la reine avec ses Italiens, rendu l'Espagne aux Espagnols. Rien de plus sage. Mais la reine y pourvut. Elle changea les clefs et les serrures, le tint sous les verrous. Dans quel état réel était-il? Enfermé et gardé, il protestait pourtant de la seule façon qu'il pouvait, ne faisant plus sa barbe, n'entendant plus la messe.

La reine en était inquiète. Elle fit la dévote et la bonne. Espagnole, jusqu'à prendre la robe franciscaine, la robe des Mendiants. Cela dura huit mois au moins, en Un jour enfin, sachant que Louis XV était relevé de maladie et notre reine enceinte, il se fit scrupule de son deuil, lorsque la France était en joie, et comme bon Français, comme parent désintéressé, il se leva, se fit la barbe, se montra gai et doux.

La reine désirait ardemment qu'un nouvel enfant prouvât leur union et le fît croire libre. L'Empereur, bon père de famille et docila à sa femme, ajourna ses plans de commerce qui irritaient l'Anglais, et eut ce qu'il voulait pour sa fille, la garantie qu'elle serait son héritière au mépris des droits électifs de tant de peuples et des lois de l'Empire 31 mai Georges H n'est pas moins mené, fort doucement, par sa Caroline, fine, patiente, qui pour favorite a pris la maîtresse de George.

Pour bien consolider la maison de Hanovre, elle lui fait garder le ministère Walpole, qui répond de la France, et de la mécanique qui fait voter le Parlement juin Pour la reine d'Espagne d'avance elle est domptée par la famille. Walpole la corrompt par Carlos, l'enfant, futur roi d'Italie. Ne pouvant conquérir, convertir. Toute cette basse politique de famille et de femme, de nourrices et de nourissons, d'arrangements domestiques, intérieurs, était au fond, fort claire, nécessaire et fatale.

Par une dérision singulière de la fortune, le plus oisif de tous, Fleury, parut le centre de l'action européenne, l'arbitre et l'auteur de la paix. Walpole y fit beaucoup. Il avait intérêt à rendre Fleury important. Son frère, le jeune Horace Walpole, lorsque Fleury se retire à Issy, va le voir, reste son ami. L'Empereur, ne cédant qu'à son intérêt domestique, parut condescendre à Fleury, à son envoyé Richelieu, au pape.

Nous avons vu que ce faux politique, un prêtre au fond, louvoya au moment où la prêtraille jacobite croyait entamer l'Angleterre. Il donna le délai que l'Espagne voulait pour la vaine entreprise qui hasardait la paix du monde. Elle se fit pourtant, se refit, cette paix. Fleury en eut la gloire, triompha d'une affaire que tous avaient voulue et qui s'arrangeait d'elle-même.

L'histoire trop aisément accepte ce triomphe. Il faut en croire plutôt son bon ami Horace Walpole, selon lequel il fut ignorant, incapable aux affaires de l'Europe. Pour celles de la France, non-seulement il les ignorait, mais ne voulait pas les apprendre, éloi-. Torcy, Noailles lui auraient dit les choses, Saint-Simon les personnes.

Les gens des deux Visa, Fagon, Rouillé, Barème, lui eussent éclairé le monde de finance auquel il se fia si sottement. Du personnel diplomatique il écarta les gens habiles et fins de la Régence, mit des sots à la place, des prélats imbéciles qui ne savaient rien que la Bulle. Villars dit et répète qu'on se moquait de nous. On abandonne les campagnes pour se retirer dans les villes.

Mot d'un mécontent, d'un frondeur, dira-t-on. Villars, un de nos gouvernants, et membre du Conseil, dit justement la même chose p. Que veut dire ici Sismondi en affirmant sans preuves que le travail reprit, que, par la mortalité même, le travailleur plus rare fut mieux payé, etc.

Pas un fait à l'appui dans les écrits contemporains. Pour les campagnes, c'est absolument faux. Pour les villes, peu exact encore. Les ouvriers de luxe, qui sont toujours un petit nombre, travaillèrent pour les enrichis, décorèrent dans un goût charmant les splen-. Hors de là, nul appel à la production.

Les cinq cent mille familles qui à Paris ont subi le Visa, l'autre demi-million qui en province eut même ruine, tous ces gens ruinés ontils pu réparer si vite pour encourager l'industrie? Et le gouvernement agit bien moins encore. La France, sous Fleury offre ce spectacle curieux d'un grand État inerte, qui loin, d'édifier, n'achève rien, ne répare plus, ne met plus une pierre à la muraille ruinée, pas une planche aux vaisseaux de guerre; nul souvenir des ports, arsenaux, citadelles.

Une chose peut tromper, c'est que les villes, énormément grossies sous le Système, loin de diminuer, continuent d'engouffrer la foule. Et pourquoi s'y réfugie-t-on? Le village est inhabitable. La ville, un abîme inconnu, est vue de loin une loterie; là peutêtre on aura des chances, tout au moins la misère plus libre l'atome inaperçu se perdra dans la mer humaine.

Fleury, fort judicieusement, avait mis les finances aux mains d'un ignorant dévot. Son contrôleur Desforts qui même ne savait pas compter, comme le montra sa loterie de , fit un traité de dupe avec les Receveurs et Fermiers généraux.

Il ne savait pas que par l'ordre qu'établit Duverney la Ferme valait deux fois plus il fut ravi d'une légère augmentation. Il contentait Fleury par des économies de deux, de trois cents livres, et il lâcha la France aux Fermiers généraux pour y fourrager par millions.

La Ferme continua d'avoir sur le pays une armée de commis, d'huissiers, de recors et d'archers. Avec leur bail fort court de cinq années, un ministre un peu ferme eût pu fort aisément les tenir dépendants. Avec la Cour des Aides qui jugeait en dernier ressort, il pouvait faire poursuivre et punir les abus, faire constamment sentir aux Fermiers la main de l'État.

Mais rien de tout cela. Chaque perception fut une guerre, la guerre au Sel, la guerre au Vin, etc. Les acheteurs du Sel sont comptés et forcés, marqués à sept livres chacun sans les salaisons, douze en tout. Qui n'achète, à l'amende Qui ne paye, aux galères Des provinces soumises à la Ferme la contagion fiscale gagnait les provinces voisines Boisg.

Des pauvres insolvables la pauvreté gagnait les gens aisés qui payaient à leur place et devenaient pauvres à leur tour. Cette cruelle solidarité fit fuir les champs, courir aux villes. Paris devint un monstre. On disait au hasard qu'il contenait , 1,, 1, mille âmes Tristes âmes vivant pauvrement, plutôt mourant de faim.

Paris, serré par la défense insensée qu'on fit de bâtir au dehors, vomissait le trop-plein dans un camp misérable, un Paris de toile et de planches, de pisé et de boue qui couvrait! La ville, cependant, étranglée, croissait en hauteur. A cinq, sir, sept et huit étages, montaient les combles et les mansardes, mal fermés au vent, à la pluie.

Celle-ci, distillant le long des murs verdâtres, de plomb en plomb, par les carrés fétides, faisait des noirs étages infé-. Qui dira l'horreur des soupentes où l'on couchait les apprentis?

La boutique, antre humide où tout suintait, présentait au comptoir, fixée et sédentaire, la femme pâle des tableaux de Chardin, dans sa robe de toile, le dos contre ce mur mouillé. Deux choses ont serré sa ceinture, l'octroi croissant et la rente réduite. Petits marchands, petits bourgeois, à force de sobriété, ils avaient un peu épargné.

Et c'est sur cette épargne que les Ordonnances ont frappé. C'est de Fleury qu'ils ont le coup de grâce. En réduisant certains impôts qui ne rapportaient guère, il achève, il assomme le rentier c'est-à-dire Paris.

La misère morale n'est pas moindre. Le grand Roi éblouit. Le Régent amusa, leurra de vain espoir. Ici ni espoir ni pensée. Un gouvernement plat, triste, ennuyeux, où le jour vide et long dit Rien, et le jour suivant Rien, aussi monotone que la pluie dans la maussade petite cour. Qu'en cet ennui, ce vide et cette mort, une étincelle ait lui,- qu'en cet entr'acte misérable où tout est suspendu, où la pensée du siècle n'apparaît pas encore, il y ait eu un mouvement, ce fut à coup sûr un bienfait.

Il serait dur, injuste, de le méconnaître et de le mépriser. Il faut noter d'abord d'après les dates une chose trop peu remarquée. La fièvre de superstition qui gâta bientôt tout cela n'en est pas le point de départ. Ce fut un mouvement de justice, de raison indignée, de conscience, une réaction de liberté, qui donna le premier élan. Au fanatisme faux elle en opposa un sincère , qui s'exaltant devint délire, folie , et plus tard folie dépravée.

Ce pauvre peuple ne bougeait pas du tout. Personne n'avait envie de guerre. Mais les ultramontains avaient intérêt à la faire, à exploiter leur rare avantage un cardinal roi. Du plus haut au plus bas, ils avaient le gouvernement, les moyens de la tyrannie.

Elle s'organisa par trois hommes sans foi et sans opinion. Hérault, le lieutenant de police, leur fit un livre universel, qui comprit la population, nota chacun, et le mit à sa classe, ou bon, ou neutre, ou appelant. Les neutres mêmes étaient suspects. Les appelants, livrés à la Justice, la trouvèrent âpre, active, dans Chauvelin, nouveau Garde des sceaux, homme de grande portée, mais très-faux, au fond parlementaire, qui conquit sa grandeur en écrasant le Parlement.

Désignées par Hérault, atteintes par Chauvelin, les victimes tombaient au geôlier, au fils de la Vrillière, S. Florentin, ministre des prisons. Elles y tombaient souvent pour l'oubli éternel.

Deux fois on y' entre en ce siècle, et deux fois on y trouve des prisonniers tellement oubliés, qu'on ne peut savoir même pourquoi ils furent mis là-dedans. Quels sont ceux qui vont en jouer? Sauf Bissy un bigot étroit, dur et sincère , tous avaient droit de figurer en Grève. Lafiteau, le fripon, que Dubois, pour punir ses.

Encôre plus cette école marquait en deux mâles enrénés, les évêques de Laon et de Soissons, deux échappés de Des Chauffours. Pas ordinaire, le lion! Heu, fit-il, consultant ses notes, le boeuf est plus modeste. Il va falloir mettre ces documents en place dans mon article, soupira Durtal, rangeant, sous une chemise à part, ces notes. Ce venin est si mortel que si une personne en est polluée ou atteinte, il lui semblerait être en un feu ardent et lui enlèverait la peau, à grosses vessies, comme si la personne était échaudée.

Ils ont une crête, des griffes aiguës, une gueule qui siffle et ils sont presque invincibles. Puis la licorne qui fut une des plus étonnantes créations du naturalisme mystique. Voyons, il nous reste encore des êtres fabuleux à répartir, murmura Durtal, en fouillant, de nouveau, dans ses papiers. Il tira sa montre. Il colligea quelques pièces.

Arrivons et arrêtons-nous devant la cage des fauves. Durtal tourna encore quelques pages, avisa que le lièvre décelait la timidité et la peur, de même que le colimaçon, la paresse: M me Bavoil, qui ouvrit la porte, exhibait sous un bonnet de travers des cheveux à la vanvole, des manches retroussées sur des bras cuits, des joues enflammées par le brasier de sa cuisine. Aussi, leur ai-je emprunté cet échantillon, afin de pouvoir faire acheter la même qualité de résine pour notre cathédrale.

Les substances aromatiques dont use la liturgie se réduisent à quatre: Leur thème, vous le connaissez. Christine naquit dans la première moitié du treizième siècle, en , je crois, à Stumbèle ou Stommeln, près de Cologne.

Elle fut, dès son enfance, traquée par le Démon. Il lui reste cependant, pour la soutenir dans ses éprenves, la communion. Godfried, prieur des bénédictins de Brunwilre, et le cellerier de ce cloître. Ce manège dura trois jours. Pour la flore, vous chercheriez vainement un manuel sérieux qui fasse même allusion aux propriétés catholiques des plantes. Voici, en quelques mots, le résultat de mes perquisitions. Quant au léviathan, il est une sorte de reptile démesuré, de boa gigantesque.